CDM - Bivouac (Sainte-Rose) - Samedi et Dimanche 9-10 mai 2026
Le jour est enfin arrivé, « Nou ka pati an Bivouak ». Notre trajet est facilité par la réfection récente de « l’autoroute » forestière, nous garons nos voitures dans le prolongement des monstres mécaniques qui ont percé la route.
On parle météo, Désirade ...Car beaucoup d’entre nous sont arrivés en avance. Malheureusement un de nos « sherpas », qui a approvisionné le camp la veille, ne sera pas des nôtres, nous avons une pensée pour lui et sa grande famille endeuillée.
Un promeneur solitaire sort du sentier des Galbas et nous libère une place de parking supplémentaire. La pluie teste notre motivation, on s’abrite comme on peut, même dans le coffre de sa voiture ! Des traileurs à l’entraînement nous questionnent sur notre présence « Ah les montagnards !».
Nous sommes attentifs durant le briefing, on visualise le parcours, les points d’attention, deux traversées de rivière, le sol glissant, mais nous sommes aguerris en cette fin de saison.
Le chemin de tuf est facile, on en profite pour ajuster ses sangles régler son bâton et déguster sa mangue, la marche est rapide jusqu’au « départ réel ».
L’aventure commence en contrebas, par un dénivelé glissant. On s’entraide, les sacs tenus à la main avec leurs précieux contenus passent de mains en mains.
Le sentier est bien dégagé, la colonne chargée progresse tranquillement en discutant ou en écoutant les chants des oiseaux ou des imitations… les guêpes aussi sont de la partie mais ne sont pas imitées.
On n'hésite pas à mettre les pieds dans le « premier bras » pour le traverser en toute sécurité. On admire le paysage et les sculptures laissées par la rivière en furie.
Des noix de bactris plumeriana « coco macaque » qui jonchent le sol marquent l’arrivée dans notre territoire, noix à ne surtout ne pas confondre avec les mangues « zecodinde » (mangues œufs de dinde) partagée un peu plus tôt.
Après l’installation de la grande bâche, des aménagements sont décidés sur le camp afin de le rendre plus protecteur et convivial. La section génie civil se met à l’ouvrage et livre une salle à manger avec cuisine aménagée.
La forêt voit éclore des chambres suspendues et des nids de 3 places.
On prend le temps de vivre, on se retrouve tous sous la grande bâche pour une pause /collation apéritive, en respectant les standards de la découpe et de l’épluchage, un comité d’éthique gastronomique veille.
Alors que nous débordons de la plage de la pause méridienne, notre guide qui lui est déjà prêt, nous emmène découvrir le parcours qu’il a tracé avec un « quadrilleur » de sa commune.
La randonnée bucolique se transforme en vendanges de nèfles et ramassage de zabrico péyi. Les paysages que nous surplombons sont magnifiques.
Nous arrivons jusqu’à à la cascade de Bis qui se transforme en parc de loisirs aquatique.
Les nuages gris sont présents, le guide doit alors nous inviter à regagner notre camp.
Sur le chemin du retour, nous sommes à nouveau ralentis par des néfliers que nous soulageons.
C'est sous une pluie intense que nous gravissons le sentier, à peine protégé du vent par les branches, nous gardons un rythme soutenu pour nous réchauffer.
Ouf, nous arrivons « chez nous », mais la pluie ne s’est pas contentée de nous tremper, elle a également imbibé des chambres à coucher.
Notre guide qui nous a ramené au camp avant la nuit, en est reparti pour aller chercher sa moitié au clair de lune ! Elle reviendra avec notre dessert du soir.
Les résidents qui n’ont pas participé à la randonnée de l’après-midi n’ont pas chômé, ils ont découvert les bienfaits de la rivière avec le SPA à deux pas, et ont allumé le feu. Des lampions mettent l’ambiance en plus des lampes solaires, la nature aussi nous offre un spectacle de « clendenden » (lucioles).
On s’active en cuisine, il faut maîtriser le gaz et la mise à niveau des faitouts. Pour un bivouac, c’est du gastronomique, le savoir-griller est de haute précision, tout est grillé, arrosé, doré et parfumé. C’est une expérience gustative en forêt. Félicitations pour nos chefs-grilladins !
On repousse la nuit par une veillée, certains préfèrent se coucher tôt pour mieux se transformer en réveil matin le lendemain. Une nuit apaisante nous attend avec la rivière qui chante en contrebas, les chants des grenouilles juste en dessous des hamacs et les lucioles qui circulent toux feux allumés.
Il ne pleut plus, dès les premières lueurs du jour les conversations reprennent. Le bivouac s’anime au fur et à mesure, on recale le butagaz pour faire chauffer le café et l’on commence à discuter du retour. Une petite équipe fait un premier convoyage et retourne pour alléger le reste de la troupe.
Il faut effacer les traces de notre passage, un bivouac c'est un court séjour dans le respect de la nature.
A l’arrivée, nous formons un grand cercle pour évaluer ce bivouac 2026. Les commentaires positifs sont unanimes ! Un grand merci à tous nos participants !
Nos bivouacs révèlent les forces et les talents du CDM depuis plus de 123 ans.
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